• Ambre

Ôde au voyage (ou "de l'art de voyager")

Mis à jour : 25 mai 2019

Voyage je t’aime intensément, passionnément. J’ai aimé chacune de tes galères, chacune de tes ampoules aux pieds dans mes chaussures de rando, j’ai aimé chacune de tes situations de solitude immense à essayer de communiquer parfois sans grand succès dans des rues kirghizes, iraniennes, géorgiennes. Je t’aime malgré les trains annulés, les bagages perdus, les amours brisés. Je t’aime pour tous ces paysages, je t’aime pour ce levé de soleil sur les Annapurnas, pour ces mangroves brésiliennes et ces plages calédoniennes. Pour ta poutine, pour ton lait de jument fermenté, ton currywurst, ta sangria, ton chianti, ta Guinness, ton bacalhau, tes opossums sur la route, tes araignées immenses dans les bunkers vietnamiens, ton froid sous estimé bostonien, pour tes mosquées stambouliotes, tes cathédrales andalouses, tes temples japonais, tes bains budapestois, tes clubs de strip’ slovaques, ton désert émirati et plus encore.

Cette liste est non exhaustive.


Khirghistan - Mai 2018 - Dans les steppes, vers Kochkor

Aujourd’hui, j’ai reçu de mes parents un récapitulatif de nos voyages, dûment notés aux travers des années. De la même façon que je vous expliquais qu’arriver à Dubaï changeait la base des terrains d’aventure et parce que mon envie d’ailleurs ne vient pas de nulle-part, la Nouvelle-Calédonie nous permit de mettre par exemple les pieds en Australie une dizaine de fois, en Nouvelle-Zélande quasi tout autant, au Vietnam, à Bali, ou à Hawaï, pour ne citer que le Pacifique de mon enfance.


Voyager est une chance, une richesse sans nom qui nous a donc été inculquée par nos parents, le tenant eux même -pour le coté paternel- de leurs parents, aventuriers avant l’heure voyageant à une époque où il fallait plusieurs jours et bien des escales pour rejoindre Antananarivo depuis Paris.


Voyager ne rend pas plus heureux. Faire ce que l’on aime rend plus heureux, et le voyage n’a pas nécessairement à être un critère pour tous. Il ne rend pas forcément plus ouvert d’esprit non plus. Comme toute opportunité, ce qui compte c’est ce qu’on fait de ce qu’on vit, de ses aventures et de ses observations. De ses choix de parcours, de logements, d’occupations, de rencontres. Voyager, ce n’est pas non plus penser que l’herbe est plus verte ailleurs. On peut aimer partir d’un endroit autant qu’y revenir. De la même façon qu’il ne faut pas oublier que le voyage peut commencer par son propre pays.


Je ne sais pas si voyager est réellement une histoire de moyens. Je me souviens de mon ancienne coloc’ de Montréal qui avait (et a toujours) une multitude de voyages en perspective, des systèmes D, E, F pour arriver à ses fins. Du bénévolat en festival pour s’en payer l'entrée, aux jobs en parallèle de ses études, aux couchsurfing et autres possibilités de partir à l’aventure, même sans argent. Je pense que chacun se façonne son sens de l’aventure et ses explorations à venir en fonction justement de ses possibilités et (surtout) de ses ingéniosités.

Je ne sais pas toujours si c’est une question de temps à disposition. De possibilité de congés, d’impératifs professionnels ou personnels valables. De mon côté la recette miracle est comme suit : Chaque jour férié est optimisé et mis dans la perspective d’un voyage, chaque congé payé ne peut être dédié à rien d’autre que de partir. Ce n’est pas une règle immuable, c’est juste une préférence personnelle inconsciente, poussée surement par le fait que le statut d’ultra-marin ne rend pas vraiment envisageable de partir en weekend à la campagne chez ses parents / grands parents.


Col de Thorong-La (Nepal) 5 816m - Avril 2016

Alors voyage, je vais continuer de t’écrire, de m’enivrer de toi, de te vivre avec toute l’intensité qu’il m’est permise. Voyagez, restez chez vous qu’importe, mais soyez transcendé par votre vie et votre quotidien. Aimez ce que vous faites, aimez ce que vous prévoyez de vos étés, de vos hivers, de vos weekends prolongés. Donnez vous réellement les moyens, lâchez les éreintants et peu convaincants "a ton âge..." "si j'avais le temps...". Soyez en cohérence avec vos envies, avec vos priorités, arpentez les sites de bons plans, désirez quelque chose, fort, et accomplissez le. Faites ce qui vous chante, mais faites le avec passion et avec intensité.



© 2018 - Textes et photos par Ambre Josse.  Portrait photo de présentation par Mademoiselle Moutarde
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