• Ambre

De l’art de s’intégrer en expatriation.

Mis à jour : 27 mai 2019


Juillet 2018 - Caucase géorgien

L’expatriation quelque part, ce n’est ni plus ni moins qu’un processus ; Débarquer dans un coin du globe, prendre ses repères, cumuler tourisme et nouveau début professionnel, puis, au bout de quelque temps, une fois cette honeymoon period  passée, se retrouver à avoir le mal du pays et de ses ami.e.s. Après un moment de flottement et une nostalgie inexpliquée du métro parisien, se remettre en selle, essayer plus fort, pour finalement, au bout du chemin, se sentir complètement intégrée et chez soi ; c’est tout du moins ainsi que mes expériences passées et celle actuelle se représentent dans mon imaginaire.


Disons que partir loin, pour une période « durable » (soit sans perspective de retour à court ou moyen terme) est à la fois excitant et déroutant. Dans la folie du projet, dans l’excitation de l’aventure on oublie aussi parfois que partir ailleurs, c’est quitter cet « ici » ; ses amis, ses repères, ses conforts, et que ces choses, il va falloir les chercher, les trouver et les construire ailleurs. Or se faire des amitiés solides par exemple, prend du temps.


Shiraz - Iran

C’est ainsi qu’au retour d’Iran, je me suis trouvée pour le moins désœuvrée. Subitement, les ruelles sinueuses, joyeusement bordéliques, les monuments historiques se mirent à me manquer, et mes amis avec. Ce spleen est un passage assez classique dans le schéma d’intégration. C’est un instant de flottement, normal et passager.


C’est alors qu’il appartient à soi d’aller au-delà et de se « remettre en selle » comme je l’évoquais plus haut. L’herbe n’est jamais réellement plus verte ailleurs, elle est simplement différente et c’est cette différence qu’il nous faut appréhender, apprivoiser. L’expatriation est une expérience formidable à condition de se fixer certaines règles ; saisir chaque opportunité, sortir de notre ethnocentrisme (délaisser les comparaisons avec notre lieu de provenance) tout en restant, dans les premiers temps, indulgent.e avec soi sur le temps que peuvent prendre les choses pour faire d’un nouvel endroit « chez soi ».


Brésil - Bahia - Depuis le Pai Inacio

Un peu comme se dire « bon ça suffit maintenant », il a donc dû s’agir de se rappeler pourquoi on était là, pourquoi on était parti, réattaquer ses projets personnels, profiter de ses amis locaux et s’insérer à nouveau dans le dynamisme des premiers jours. J’ai presque envie de vous dire qu’après Paris et Montréal, je commence à bien maitriser l’exercice, ce qui apporte une certitude : on peut s’intégrer et être heureux partout, encore plus quand on a choisi l’aventure.


L’expatriation reste une sortie de zone de confort. Et c’est là tout son intérêt ; ne cesser d’oser, et continuer, à travers le monde, de se réinventer.

© 2018 - Textes et photos par Ambre Josse.  Portrait photo de présentation par Mademoiselle Moutarde
Copyright Déposé - La reproduction, même partielle, des contenus des pages de ce site sans accord préalable est interdit

Join My Mailing List