• Ambre

Les vacances, du bas de chez soi à la Jordanie.

Mis à jour : 21 avr. 2019

Disclaimer : Si vous cherchez des bons plans et des idées itinéraires pour la Jordanie, je vous invite a consulter mon article écrit pour le magazine Dubai Madame ici.


Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas attardée par ici. Vous l'aurez peut-être lu deux articles auparavant, j’ai eu bien du mal à me remettre de ma brûlure au dos post Ironman que l'on pourra résumer en quelques étapes par ceci. Puis, j’ai dû terminer de travailler bien intensément sur un projet dont j’espère un jour pouvoir vous parler. Mais me voici enfin !

Petra - Avril 2019

En général, je n'écris pas tant sur nos voyages, sauf pour les relier à un thème (le marathon d'Astana, l'overtourisme au Sri lanka...). Au dela des détails pratiques que je réserve en général à mes articles pour Dubai Madame, je peine à y retranscrire véritablement l'esprit et l'intention de l’aventure. Il y a, dans les vacances, beaucoup de ces moments qui ne savent survivre qu'en mémoire partagée "tu te souviens du petit restaurant où on avait mangé du Byriani par terre à Bahla ?" / "du rire de la gérante de la laverie à Fernando" / "la couleur de ta polaire!". Ces choses-là, celles qui ont fait la saveur de votre voyage, ce moment fugace et unique partagé auprès des compagnons de voyage, ça ne parle pas aux gens. Ce sont des « private joke » qu’on emporte avec nous, qui deviennent éventuellement plus tard, des anecdotes, si elles survivent au-delà de la sphère des concernés. Ce sont ces mêmes détails qu’il peut être bon de consigner si l’on veut s’assurer qu’ils survivent au temps.


Les voyages, on ne sait jamais trop comment les raconter. Pour moi, c’est un peu dans la même lignée que la question « Et Dubai, ça se passe comment ? ». Les « Et la Jordanie, c’était comment ? » s’assortissent en général de quelques bribes de type « Oui oui super sympa, on a adoré, surtout Dana », alors que Vincent serait quant à lui du genre à vous faire un récit enthousiasmé de cinq minutes sur les temps forts, photos à l’appui.

Je ne sais plus bien pourquoi on a choisi la Jordanie. Je crois qu'un de nos amis venait d'y aller et ne nous en avait dit que du bien. Comme l'endroit était de toute façon sur notre "to do" des endroits à parcourir tant que l'on est à Dubaï, on s'est dit "yallah" et avons plongé dans un itinéraire qui nous a fait parcourir la Mer Morte, Petra, la Mer Rouge, Dana et Amman. J'avais trouvé auparavant que l'accueil le plus chaleureux qu'il m'avait été donné de croiser à l'étranger était en Iran et à Oman, je dois bien dire que la Jordanie a explosé les scores coté sympathie de ses occupants. Si Petra, majestueuse, nous a tout de même paru bien touristique, même hors saison, on a aimé la paisibilité de Dana et le joyeux foutoir d’Amman.


En arrivant à Amman, capitale de la Jordanie, la première enseigne qui a rencontré mes yeux à la sortie de l'aéroport fût celle d'un Starbucks. Je me souviens m'être fait la réflexion ironique que la mondialisation était partout ou presque. Une pensée paradoxale si l'on considère que c’est probablement grâce à cette même mondialisation que je me suis retrouvée si facilement à fouler les rues jordaniennes pendant dix jours. Bien heureusement, ce Starbucks fût bien le seul témoin du genre. La Jordanie nous aura offert une grande bouffée d'authenticité (quoique cela veuille encore dire), en nous régalant plus de turkish cafe que que latte macchiato. Qui dit voyage dit aussi nourriture, et la dessus, la Jordanie a pléthore de pépites culinaires à offrir.

Vincent et moi avons deux manières différentes (mais heureusement complémentaires) de voyager. Question billet d'avion, j'ai toujours un petit côté "truande de la galère", c’est-à-dire que vous pouvez compter sur moi pour vous dénicher un vol à 3h du matin sur une compagnie questionnable avec une escale de 2h dans un pays quelconque parce que ça vous fait gagner une centaine d’euro-. Lui aurait plutôt tendance à privilégier le confort des vols directs sur des compagnies dont la réputation n’est plus à faire. Vincent prévoit toujours des programmes sympas, fruits d’écumage de blogs et témoignages de locaux, réalisés bien moins à l'arrache que les miens. A contrario, quand il part avec trois caleçons, deux tshirts, un déo et basta, j’aurais toujours tendance à sortir de derrière les fagots de mon sac de rando l'accessoire utile qu'on n'aurait jamais pensé nécessaire : la frontale, la mini serviette en microfibre, les medoc, le spray antimoustique... J’ai aussi cette fameuse tendance à vouloir cumuler défi sportif et voyage (avec dans le viseur actuellement un deuxième Ironman au Bahrain et un troisième marathon à Tokyo), ce qui a aussi le don de me/ nous laisser ensuite bien explosé pour la suite de nos découvertes.

L'avantage c'est que l'on se rejoint systématiquement sur notre choix des destinations, de ce tourisme des grands espaces, de l'autonomie, des chaussures de rando, du "on loue une voiture pour sillonner et on fait des randos", des chambres chez l'habitant, et du confort relatif.


Je parle donc parfois de ces voyages parce que ce sont des choses que l’on place dans les priorités de ce qu’on aime à faire. Des choses aussi, que nous avons la chance de pouvoir nous permettre. Ça ne veut pas dire qu’il est nécessaire de partir bien loin ou dépenser une fortune pour profiter d’un moment exceptionnel, de vacances dépaysantes ou même d’aventure. La « hype » autour du voyage, de cette façon presque insupportable de vouloir se labéliser « traveler » sur instagram (cf mon article précédent) peut parfois mettre une sorte de « pression » à ceux qui n’en font pas tant. Voyager, c’est une chose superbe, mais ce n’est pas une condition sine qua none au bonheur. Vadrouiller partout et se présenter comme tel n’est pas gage d’une vie riche. Cet état d’esprit de la bougeotte se traduit dès notre quotidien et ce que l'on fait de ces temps "chez nous", dans notre ville. Les gens qui ne parlent que voyage sont souvent parfois les premiers à mal connaitre leur propre pays. In fine, les voyages, qu’ils soient à 1h de voiture ou 15 d’avion, se façonnent à notre image qu’importe l’endroit où on finit par mettre les pieds.

Je n’ai jamais été du style à aimer passer des dimanches chez moi à regarder Netflix, ou même à rester sur le canapé les soirs de semaine. J’ai toujours eu besoin d’avoir mille et un projet en même temps, de voir du monde, courir partout (au sens propre comme au figuré), de faire plein de choses avec la personne qui partage ma vie et/ou mes amis. Mais si je me réalise par l’action, les projets, mais ça ne veut pas dire que le bonheur c’est ça. Ça veut simplement dire que pour moi, mon bonheur, c’est ça. Ce qui compte, in fine, c’est ce qui nous convient à nous, de Netflix au saut en parachute, de la Vendée à la Jordanie.



Mer Rouge - Aqaba - Avril 2019


© 2018 - Textes et photos par Ambre Josse.  Portrait photo de présentation par Mademoiselle Moutarde
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