• Ambre

Impressions d'Azerbaïdjan

Mis à jour : 22 juil. 2019

Disclaimer : Pour un article pratique sur le pays et le “que voir / comment se déplacer / questions pratiques” je vous invite à regarder l’article que j’ai écrit pour DM ici.


Jusqu’à présent, la “voie lactée” celle qu’on ne distingue à l'oeil que par une nuit noire dépourvue de la moindre pollution lumineuse, je ne l’avais observée qu’une fois, en mer, en Nouvelle-Calédonie. À l’époque, j’avais 12 ans je crois et on se rendait à Ouvéa en catamaran. Des nuits étoilées à en perdre la tête et des collections d’étoiles filantes, il y en a eu plein dans cette enfance et adolescence du bout du monde, mais ce moment demeurait le ciel le plus incroyable que j’avais pu voir. C’était depuis resté un souvenir cher, de ces ciels qui ne pourraient jamais exister à Paris ou à Dubaï (loin du désert). À Khinalug, notre base de randonnée pendant 3 jours, nous avons dormi chez l’habitant. L’endroit était aussi rustique que notre hôte était chaleureux, et le principal défi pour qui aime dormir au chaud était de sortir en pleine nuit, par les 8 degrés de la montagne pour se rendre dans les toilettes au fond du jardin (un fonctionnement commun à toutes les maisons de la campagne azérie). C’est Vincent qui m’a réveillé à 4h du matin, et m’a tendu son pull. Dans ce petit village de Khinaluq, à 2700 mètres d’altitude, je crois que j’ai observé le plus beau ciel de ma vie.

Mrinal Pandey, photographe de son état, qui logeait avec son mari au même endroit que nous a réussi à capturer un bout de ce ciel cette même nuit, dont je poste la photo juste ici.

L'Azerbaïdjan, tel que nous l’avons visité, c’était surtout ça. Des petits villages parmi les montagnes, extrêmement ruraux pour la plupart, parfois plutôt industriels et emprunts des stigmates de l’architecture communiste. Le pays a longtemps appartenu à l’empire Perse et s’est ensuite retrouvé aux prises de l’empire russe avant son indépendance en 1918. La vie démocratique y a été de courte durée puisque le pays a finalement intégré l’URSS en 1922, jusqu’à sa chute, en 1991.

Pour l’épisode cinq du volet “Vis ma vie de touriste en Asie Centrale” (dont vous savez maintenant que je chéris particulièrement cette partie du monde), nous avons donc choisi ce “petit” pays du bord de la mer Caspienne, entouré de la Russie au nord, la Géorgie au Nord Ouest, l’Arménie (avec qui le pays est en guerre) à l’Ouest et de l’Iran au Sud. Bakou, la capitale, est à 2h30 de vol de Dubaï.


Khinalug - Juin 2019

Bakou, Ramadan et bars à vin.

On est arrivé à Bakou en plein Ramadan. L'Azerbaïdjan étant musulman, on s’attendait à devoir éviter de boire en public. En voyant tout le monde boire une bière en terrasse dès 11h du mat’, les rayons de vodka dans les supermarchés, ou la quantité de bars à vin, on a bien compris qu’ici l’islam était avant tout un islam culturel et non un islam d’état.

Beaucoup ne passent en Azerbaïdjan que par Bakou, qui est en effet une ville qui vaut le coup d’oeil. Perdus dans les dédales des rues, on se serait cru en Europe devant l’air haussmannien des bâtiments. Il faut “attendre” de parcourir le vieux Bakou pour y trouver ces traits de l’empire perse, plus loin encore les influences communistes et les iconiques Flame Towers. La ville est sublime, moderne, cosmopolite presque et tranche en ce sens avec le reste de ce qu’il y a à découvrir de l'Azerbaïdjan, dont les montagnes sont un incontournable à mes yeux.


Bakou - Mai 2019

Khinalug - Juin 2019

Xinaliq - Montagnes partie 1 - Nuit étoilée, transhumance et amphibiens

Pendant 9 jours, nous avons réparti notre temps entre Bakou (pour l’arrivée et le départ), Khinalug (ou Xinaliq), Quba (mais sans la salsa et les cigares) et Lahic. À Xinaliq, la seule consigne que nous avions réussi à déchiffrer de notre hôte était “ne partez pas vers la droite. C’est la frontière avec le Daghestan, en Russie.

En Azerbaïdjan, les sentiers de randonnée sont des chemins de transhumance, où nous n’avons croisés d’humains que des bergers, et plus de moutons, vaches et chèvres que nous aurions pu en compter. De-ci de-là, on a traversé quelques camps de bergers installés pour l’été sur les flancs de montagne, au plus près de leurs troupeaux, parfois avec femmes et enfants.


A Xinaliq toujours, on s’est rapidement rendu compte que nous partagions notre petite douche avec un crapaud qui venait élire domicile toutes les nuits dans la salle de bain. Le Caucase, ça semble vraiment être le paradis des amphibiens, parce que j’en avais vu des tonnes au Kirghizistan, en Géorgie, et là en Azerbaïdjan aussi.



Lahic - Montagnes partie 2 - Villages, mystère végan et ours locaux

À Lahic, nous sommes tombés sur un village assez touristique (en Azerbaïdjan, le tourisme essentiellement du tourisme intérieur), prisé des bakinois venus pour le week-end. Posés dans la rue principale, pendant une heure, on a pu observer des gens faire la queue pour se déguiser en armure et prendre des photos. Lahic a été notre base de randonnée pour trois jours et on a eu tout le loisir de se perdre (littéralement) en chemin pour Niyaldağ et de se faire (un peu) agresser par des chiens de berger. On avait prévu de camper, mais il y avait des ours dans la région.

On a mangé essentiellement ce qui se produisait du jardin, de la viande, du fromage, du yaourt, du beurre et des concombres/tomates, puisqu’on parle ici de gens devant majoritairement vivre en autosuffisance pendant les longs mois d’hiver. Ces produits étaient des incontournables de chaque repas, agrémenté généralement de pommes de terre. On s’est demandé comment faisait les vegan voyageant dans le coin, s’ils n’avaient pas prevu leurs propres suppléments. On a fini par avoir la réponse à Lahic, ou les principaux intéressés n’ont pu manger que concombres et tomates pendant 3 jours. Vegan du monde, vous êtes prévenus !


Lahic - Juin 2019

Lahic - Juin 2019

Asie centrale mon amour

L'Azerbaïdjan nous a rappelé énormément la Géorgie, en plus “routard” et moins touristique (la Géorgie ne l’étant déjà pas spécialement…). C’est un pays que je conseillerai aux amateurs de randonnées et qui n’ont besoin que de peu de confort (juste d’un endroit ou dormir en fait) mais moins pour ceux cherchant des endroits un minimum cosy. S’il s’agit du type qui nous plait le plus et qu’on trouve beaucoup en Asie central, ces préférences ne sont pas nécessairement partagées de tous. Là bas, on a surtout parlé avec des signes, mimés beaucoup, utilisé google trad parfois. La technologie nous a parfois permis de passer outre des barrières qui auraient été infranchissables pour discuter, la langue des signes ayant des limites pour comprendre la vie locale l’hiver et le quotidien des gens.

On est rentré les pieds abîmés de toutes ces heures de randos’, le dos un peu re-brulé (hum…), avec du vin local dans le sac et quelques manats dans les poches, à continuer de se dire que décidément, le Caucase a cette particularité devenue rare, de vous laisser seul, face à l’immensité de ses montagnes, de ses mosquées et monastères, à errer entre incompréhension totale d’autrui ou invitation à dîner, et de chaque fois, n’avoir qu’une envie : y retourner.



Lecture du voyage (sur kindle)

Parinoush SANIEE, Le Voile de Téhéran, Robert laffont, 2015, 560 pages

Yasmina KHADRA, Les hirondelles de Kaboul, Julliard, 2002, 192 pages

Leila SLIMANI, Sexe et mensonge, Les arènes, 2017, 192 pages



Ambre & Vincent - Hauteurs de Khinalug - Juin 2019

© 2018 - Textes et photos par Ambre Josse.  Portrait photo de présentation par Mademoiselle Moutarde
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