• Ambre

Petit précis des bilans de fin d'année. 

C'est probablement la première fois que je n'ai pas vu passer cette fin d'année.

D'habitude on compte les jours. On pose ses congés, on prévoit en avance ce qu'on va faire. La vie des réseaux sociaux a instauré quelques habitudes qui survivent aux années : le concept des best nine, ces montages de neuf photos censées résumer notre année, un peu comme il y a eu le ten years challenge mi-année.

Et puis la fin d'année, c'est aussi l'heure du bilan. Systématiquement on dit "olala 2019 je l'ai pas vu passer c'est dingue" comme on disait pour 2018, 2017 et avant encore. On se demande un peu ce qu'on a fait cette année, ce qu'on a "accompli" pour employer les grands mots, on liste ces grands moments, ces grands événements, ceux qui donnent l'impression que cette année est venue ajouter son lot de pierres à l'édifice. Qu'elle nous a permis de faire une avancée significative dans notre vie. On liste ; il y a eu le mariage d'untel, la naissance de tel enfant, les vacances au soleil...

Certains listeront leurs kilomètres parcourus presque comme gage d'identité, d'autres les pays visités, les kilos perdus, les livres lus ou simplement les bons moments passés auprès des uns des autres.

On se dit et on dit que cette année était vraiment pas mal et que l'année prochaine sera mieux encore.

On reprend nos résolutions si on en fait, on dit "oh j'ai réussi à faire ça !" et pour celles que notre volonté aura échoué à tenir on dira que de toute façon les bonnes résolutions ça ne sert à rien. On le dira mais on en refera tout de même pour 2020.

Depuis toutes ces années de grands virages que furent 2016, 2017 et 2018, 2019 fût une année plus calme en comparaison. Il paraît que c'est ce qu'il se passe quand on est heureux.

En 2019, Je n'ai pas déménagé. Je n'ai pas tout plaqué pour élever des lamas dans un nouveau pays. Pas cette année en tout cas. J'ai bien participé à un Ironman 70.3 mais j'ai comme j'ai aussi cessé de considérer les kilomètres courus roulés ou nagés comme des preuves absolues de mon accomplissement, j'en suis fière sans néanmoins n'en retenir que ça.

J'ai écrit, beaucoup selon les moments, trop peu selon d'autres. J'ai voyagé, beaucoup, en amoureux, avec des amies ou en famille, campé au son nocturne des hippopotames, fait de belles rencontres, fêté Onam et Diwali pour la première fois grâce à mes collègues hindous. On a fêté les 27 ans de Vincent, les trois ans de notre rencontre, mes 28 ans. Je n'ai pas écrit tous les articles que je voulais ici, ni ailleurs d'ailleurs et je me suis probablement un peu trop préoccupée de détails mineurs au travail.

Je me suis posée des questions, beaucoup, je n'ai pas trouvé toutes les réponses mais je continue de chercher. Je me suis réjouie du bonheur des autres, des mariages, des naissances, des promotions, des déménagements et autres péripéties de leurs vies. J'ai été parfois bêtement triste en lisant certains articles du Monde, pleuré devant la série This is us, envoyé et reçu des heures entières de messages vocaux WhatsApp, écris un premier roman et posté beaucoup de manuscrits. On a beaucoup ris, beaucoup bu beaucoup de vin et champagne, et mangé de bien bonnes choses. Comme pour tous, la liste est longue.

Pour l'année prochaine, je vous souhaite un mélange de savoir trouver le bonheur là où vous êtes, sans fuite en avant, mais aussi d'avoir paradoxalement le courage de changer les choses. Puisque chaque fin d'année est l'heure du bilan et qu'au final, on oublie rapidement celui des années passées, il n'y a, à l'échelle de ces chiffres qui défilent, pas tant de risque à en prendre un peu.

© 2018 - Textes et photos par Ambre Josse.  Portrait photo de présentation par Mademoiselle Moutarde
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