• Ambre

Se mettre au sport, continuer, rester motivé.


Rando sur le GR21 - Etretat - 2015

Il y a pour sûr ces dernières années une tendance au « healthy », mêlant pèle mèle run du dimanche, avocado toast et jus detox. D’une certaine façon, les gens prennent plus soins d’eux pour palier à une sédentarisation progressive (voiture, plats préparés, fast food, bref tout ce qui n’existait pas pour les générations précédente (si ce n’est ladite voiture)).

Se « mettre au sport » commence là où chacun choisit de placer le curseur, selon ses possibilités, ses motivations et ses ambitions. Se faire plaisir, relacher la pression, se dépasser, perdre du poids, se (re)mettre en forme…dans l’idée les raisons sont multiples. De l’atteinte des 6,000 pas par jour à l’ultra running, je crois qu’il convient de saluer l’effort que chacun met et est en mesure de mettre quel qu’il soit. Commencer par bouger, quoi qu’on fasse, c’est déjà bien.


Il y a cette fausse idée générale dans le sport qui sous-entends que les « sportifs » sont ceux qui l’ont toujours été, depuis l’enfance, ceux qui crevaient les records en EPS pendant qu’on peinait à finir notre tour de piste en endurance, ceux qui participaient aux compet’ régionales (ou provinciales pour la Calédonie) le weekend. Pour moi, le sport, c’était réservé à ma meilleure amie d’enfance que je connaissais depuis ses six ans sur un optimist ou sur une planche à voile, mais clairement pas pour moi.

Premier semi marathon - Mars 2016 Paris

Pourtant, puisque la parole des gens n’a jamais été aussi partagée, le net fleuri aujourd’hui de témoignages de ceux qui « n’étaient pas sportifs » et qui, qu’importe l’activité, le sont devenus. Au lycée, jamais, JAMAIS je n’aurais cru qui que ce soit me disant « tu courras un marathon », et en 2015 je ne courais pas 3km. C’était il y a quatre ans et depuis deux marathons et un Ironman 70.3 sont passés. Il y a cette autocensure constante, peut-être plus forte encore chez les femmes, de se dire qu’on a parfois « raté le coche », que « c’est trop tard ». C’est peut-être trop tard pour être basketteur en équipe pro ou semi pro, je te le concède. Mais certainement pas pour te faire plaisir à ton niveau, du cours de Zumba à l’escalade de chutes de glace.

Lorsque j’ai commencé le Krav Maga (que j’ai clairement arrêté depuis - pensées pour Olimplia et Gaëlle) en 2014, il y avait des débutants de tout âge, du pré-ado au quinqua, qui ont continué à pratiquer à travers les années (et les ceintures) et continuent encore aujourd’hui.

Trouver son activité

Quand on parle « sport », on a facilement tendance à penser d'emblée “course à pied”, alors qu’à vrai dire, il y en a pléthore d’autres. On peut préférer la marche, les cours de self defense / sport de combat / arts martiaux (à ce jour probablement les plus complets en termes d'entraînement), les sports d’équipe (badminton, volley, handball…) la natation, les sports en salle « encadrés » de type cross training, RPM, autres cours de fitness… l’engouement pour le sport touche toutes les pratiques justement et voit de plus en plus de cours, clubs, asso, émerger. Ces possibilités permettent aussi de pallier le manque de motivation intrinsèque que l’on peut avoir pour s'entraîner seul. Tout est en général répertorié sur internet, des groupes facebook aux sites des municipalités ou même directement sur les sites des clubs.

Et si on n’a « pas le temps ».

Bon. Le coup du « temps », c’est probablement l’excuse qui revient le plus souvent, et je dois aussi l’avouer, la plus agaçante parfois. Rien dans la vie, n’est une question de « ne pas avoir le temps », tout est une question de priorité (et/ou d’organisation). Ça peut sonner très catégorique, mais c’est aussi très vrai. Il n’y a rien, rien du tout, de mal à choisir de mettre le sport après netflix ou la télé, ou l’heure supplémentaire de sommeil ou autre, c’est un choix, maaaais…il faut arrêter avec le « pas le temps ». Comme je l’avais évoqué une fois, si le sport était une question de temps, alors on serait simplement une armée de jeunes sans enfants voire sans travail à pratiquer. Et vu les profils de carrière ou de vie de famille (ou les deux !) que j’ai dans mon entourage, je peux vous assurer qu’on peut toujours trouver à s’organiser.

Il faut aussi avoir en tête que le sport n’est pas forcément une question de pratiquer huit à dix heures par semaine. Commencer par s’entretenir une à deux fois par semaine, c’est déjà très bien, c’est du temps qu’on consacre à soi, et c’est tout ce qu’il faut pour commencer à se sentir bien. Le sport peut aussi se trouver là où on ne l’attend pas : dans un trajet vers le travail fait en vélo ou à pied/courant, dans des randos du weekend en famille…

Rester motivé à travers les mois

Dans cet article qui fait très article de magazine, je te le concède, voici un petit guide pas à pas :


1-Ne pas considérer le sport comme un truc saisonnier

Bon et là, on ne parle pas de ski. Je crois que le problème du sport, c’est qu’il est souvent appréhendé comme cette chose qui revient en tête au 1er janvier ou au mois de mars en mode « je veux un six packs pour l’été ». Non seulement ça créé des attentes démesurées (breaking news, ça prend des années) mais ça cantonne aussi le sport à un sursaut saisonnier qu’on va se dépêcher de remettre au placard à la première raclette venue.

C’est aussi souvent vu comme un « tout ou rien » ; ou vous êtes à la diet et faites du sport, ou vous ne faites rien et buvez du rosé sur les bords de Seine avec le saucisson qui va bien. Chance, figurez-vous qu’on peut ET faire du sport, ET manger MacDo (bon, pas tous les deux jours non plus hein). Il faut sortir un peu du « sport » comme outil diététique pour voir simplement ça comme un loisir à part entière qui nous fait du bien et qu’on veut voir durer dans le temps. Tout est finalement une question d'équilibre.


2-Saluer sa progression et être fier de soi

Ce qui aide inévitablement, c’est la progression, mais cela implique de la patience. Quand vous ne courrez pas 5km et que vous voyez qu’en étant régulier dans sa pratique, on peut en courir dix difficilement, puis dix facilement, puis 20 etc, vous avez envie de voir jusqu’où ça peut vous mener. Ce développement prend du temps, des semaines, des mois ou des années selon les objectifs; L’important, c’est votre progression « à vous », pas votre temps ou votre niveau par rapport à Jacqueline. Chacun a son propre passif de santé, de sport, de constitution physique, de corpulence, d’expérience qui fait que se comparer aux autres, aussi tentant que ça soit, est une hérésie. Ça m’a pris du temps de ne pas m’autoflageler ou me trouver « nulle » parce que mon cardio fait que je ne suis franchement pas des plus rapide dans les sports d’endurance. Pourtant, aujourd’hui, je ne pâlis plus de mes temps, ni ne me sent « moins sportive » que quelqu’un qui aurait fait un marathon en 3h10. C’est super pour eux, mais ça ne démérite en rien mon effort ou la fierté que je tire de ma propre progression (ou le fait que je « suis marathonienne » tout court)…et croyez-moi il m’a fallu du temps pour en arriver là.


3-Pratiquer à plusieurs

Une autre possibilité consiste aussi à ne pas s'entraîner seul.e mais avec vos ami.e.s/en couple. Points positifs des clubs ou des rendez vous, c’est que vous finissez par avoir des têtes connues avec qui vous devenez potes et le sport finit par devenir une activité sociale à part entière, qui crée un « grand rendez vous » immanquable. A part la course que je pratique seule, je fais tout le reste avec groupe de triathlon, de yoga ou avec Vincent. Ça créé pas mal de situation de type « NO NO NO YOU’RE COMING » quand vous vous sentez d’humeur à rester au fond de votre lit le vendredi matin.


4-S’organiser, et se diversifier.

Je n’ai jamais été adepte du dicton « mieux vaut faire une chose à fond que plusieurs à moitié ». Le sport est intéressant par sa diversité, ces équilibres que l’on peut trouver entre je ne sais pas, courir, se renforcer musculairement (c’est une façon très policé de dire « faire de la muscu » ou « du poids de corps» hein), faire du tennis... Faire une seule chose à fond est valable quand on excelle dans un sport. Mon calcul perso vient du fait que même en me dédiant corps et âme à un seul sport, je ne ferai jamais des podiums. Partant de là, j’ai plus plaisir à injecter d’autres pratiques et progresser à mon rythme dans chacune. Se diversifier, ça peut justement permettre de vaincre la monotonie. C’est d’ailleurs aussi pour ça que la course à pieds « seule » me parait bien triste maintenant en comparaison du triathlon.

Question organisation…bon. Si je prends mon exemple personnel, je navigue entre vélo, course à pieds, natation (les composants du triathlon donc) et muscu / yoga (mes chaussons d’escalade sont dans mon placard depuis que je suis arrivée ici) pour les principales activités. Le ratio de ces pratiques change selon les périodes de l’année, mais me porte toujours à un total de 8 à 10h de sport par semaine (15 si je compte la prépa ironman). Ça implique de se lever tôt, ou d’y consacrer quelques pauses déjeuner, des matinés grasse mat’ sacrifiées le weekend, ou des aperos qui commencent un peu plus tard. C’est beaucoup, et moitié moins suffit à être parfaitement en forme, c’est simplement un choix – j’aime ça et j’y trouve un équilibre qui me satisfait plus que d’autres loisirs.


On ne va pas se mentir, le fait que Vincent soit probablement une des personnes les plus sportives qui m'ait été donné de rencontrer fait aussi qu’on a chacun nos moments sportifs, une partie ensemble, une partie chacun de notre côté. Je dois avouer que c’est plus que fantastique de partager ça avec la personne avec qui on est et se sentir soutenue (et clairement, surtout comprise) dans sa pratique. Lui et moi n’avons néanmoins pas du tout les mêmes activités : Vincent-la-machine (ahahah) est gymnaste spécialiste des anneaux, ceintures noires de Judo et Tai Jitsu…qui a mué en MMA depuis l’arrivée à Dubai. On se retrouve donc en général pour des séances en salle plusieurs fois dans la semaine, ou de la natation à l’occasion. Ça ne l’empêche pas de m’accompagner (sans préparation ahahah bis) sur des entreprises de type marathon d’Astana qu’il a couru avec moi en septembre dernier (je suis toujours “boulala” de cette preuve d’amour), ou d’un trek qu’on prépare ensemble.

Tout ça pour vous dire que pour sûr, cet équilibre « mi partagé mi « chacun pour soi » » aide grandement, et le fait que le sport soit important pour Vincent comme il l’est pour moi aussi.


J’écris sur ce sujet d’une façon qui se veut plus pédagogique que « chronique », parce que le sport m’a apporté une telle dose de confiance et de sentiment que « tout est possible » (ce sur tous les domaines) ces dernières années, qu’il y a clairement de belles choses à en tirer. Il faut aussi cesser de penser que l’exercice se situe forcément dans des marathons ou des distances saluées par d’autres : l’effort commence là où chacun le souhaite. Encore une fois, faire quelque chose, n’importe quoi et surtout, le continuer dans le temps, c’est déjà beaucoup.


Saadiyat Beach - Abu Dhabi - May 2019



© 2018 - Textes et photos par Ambre Josse.  Portrait photo de présentation par Mademoiselle Moutarde
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